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Les sections des lieutenants Johann Warthmann (à l'entrée du camp de Nothing Hill) et Gilles Fayard. Le 19 février dernier, ces militaires ont participé, pacifiquement, à des actions de maintien de l'ordre contre des manifestants serbes. : KforLe capitaine Louis-Édouard Geay commande une compagnie du 6e régiment du Génie de marine à Angers. Depuis fin janvier, et pour quatre mois, avec ses sapeurs, ils sont intégrés à la Force multinationale, dans le camp Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, à Novo Selo.
Il est situé entre Pristina et Mitroviça, dans la zone placée sous commandement français. Une autre section de sapeurs, commandée par le capitaine William Cimbe, est détachée au camp de Nothing Hill, situé plus au nord, entre la frontière avec la Serbie et Mitroviça, également dans la zone française.
Ils sont 170 sapeurs du 6e régiment du Génie de marine au Kosovo. Leurs missions sont très diverses, comme le précise le capitaine Geay : « Depuis notre arrivée au Kosovo, nous entretenons et assurons la défense des sites de la Kfor, nous sommes une force de soutien en appui des polices kosovares et onusiennes. »
« Nous dépolluons des zones minées pendant la guerre, nous déminons des secteurs bombardés par l'Otan en 1999, poursuit-il. Enfin, nous réalisons des ouvrages de travaux publics, au profit, soit des militaires de la Force multinationale, soit de la population dans le cadre des actions civilo-militaires françaises. »
Des missions improvisées
Mais, depuis la proclamation de l'indépendance du Kosovo, leurs actions se diversifient. C'est ainsi que le 19 février dernier, neuf sapeurs, commandés par le lieutenant Gilles Fayard, ont dû intervenir pour sauver la vie de 12 membres de la police kosovare ou de l'Unmik (Onu) à un poste-frontière avec la Serbie.
Ils étaient poursuivis par plusieurs centaines de Serbes, qui venaient d'incendier le poste-frontière qu'ils protégeaient. Ce même jour, un autre groupe de 26 militaires, commandé par le lieutenant Johann Warthmann, freinait, pacifiquement, l'avancée de plusieurs milliers de Serbes qui voulaient aller manifester à Mitroviça.
Deux missions improvisées, plus proches de celle des gendarmes ou des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) que de celle des sapeurs. Mais ces jeunes militaires ont fait preuve d'un grand sang-froid et d'un professionnalisme exemplaire (lire également Dimanche Ouest-France du 11 mai).
Les échéances politiques concernant le Kosovo ne vont sans doute pas apaiser les esprits. À commencer par les élections en Serbie du 11 mai auxquelles les Kosovars d'origine serbe participent. Avec les conséquences de violence éventuelles qu'elles pourront engendrer.
Les semaines qui vont suivre risquent d'être encore épuisantes, pour les 170 sapeurs du 6e Régiment du génie de marine à Angers.
Textes et photos :
Chantal BOUTRY.