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Comment en est-on arrivé là ? La direction fait état d'une concurrence accrue, dans le secteur de la cuisine et du bain, de la part de groupes italiens et allemands. « Leur marché respectif est pratiquement saturé, explique Claudio Castellano, directeur financier. Ils cherchent des débouchés en France. » Pourtant, le marché français a encore progressé de 7 %, l'an dernier. « Cela a surtout profité à la grande distribution, au bas de gamme. Or, nous nous situons en milieu et haut de gamme. »
Selon la direction, sans l'aide du groupe italien Snaidero, le propriétaire, le chiffre d'affaires aurait chuté de 6 %. L'entreprise, dont le siège se trouve à Saint-Philbert-de-Bouaine, en Vendée, emploie 380 salariés. Elle produit pour les marques Cuisines Plus, Arthur Bonnet et Comera. « Nous avons dû nous résoudre à fermer Avrillé parce que le marché du plan de travail n'était pas assez porteur. Il nous fallait aussi réduire les coûts de structure. Et garantir la pérennité de l'entreprise. »
Des reclassements
Un discours qui a du mal à passer chez les salariés, futurs licenciés. Ils regrettent d'avoir vu partir la production des portes de cuisine bois massif, en Croatie : « On nous a enlevé notre outil de travail ! » Ils ont néanmoins voulu croire à la reconversion du site, avec la production de plans de travail. « Nous avons fait des efforts. En attendant la montée en puissance de la fabrication, 20 salariés faisaient la navette quotidienne avec Saint-Philbert-de-Bouaine, pour travailler. Sans résultats ! »
Pas plus tard qu'en janvier dernier, la direction annonçait encore un investissement de l'ordre de 2 millions d'euros.
Avec l'arrivée de nouvelles machines. Aujourd'hui, Gilles Arnoult en doute : « Avaient-ils vraiment la volonté de développer Avrillé ? Cela fait des mois que plus rien ne se passait, que la direction gardait le silence... S'ils avaient voulu nous garder, on gardait la production des portes ! »
Marc Laffineur, le maire, aussi député, se dit « catastrophé » : « Je pense d'abord aux familles et à toutes les personnes qui vont être licenciées. C'est un coup extrêmement dur pour eux. La responsabilité du groupe est entière. Il doit prendre des mesures pour permettre aux salariés de retrouver du travail. Je vais voir, avec le comité d'expansion, ce qu'il en est. »
Les prochaines semaines s'annoncent difficiles. Une nouvelle réunion du comité d'entreprise est prévue, le 30 avril, pour mettre en route le plan de « sauvegarde » de l'emploi. La direction devrait proposer une vingtaine de reclassements, en Vendée. Ce qui ne semble pas brancher beaucoup de monde. Les lettres de licenciement pourraient partir fin juin, avec la fermeture de l'usine cet été.
Jean-Michel HANSEN.