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Hier, dans le box du tribunal correctionnel d'Angers, un militaire de carrière, 59 ans, ancien commandant d'un régiment de blindés, a comparu pour sa « curiosité malsaine », selon ses propres termes. Alertés par Interpol, les policiers du SRPJ avaient saisi le disque dur de son ordinateur, chez lui. À l'intérieur, ils découvraient des images « compressées ».
L'homme a reconnu consulter quotidiennement des sites concernant de très jeunes enfants. Mais, pour ne pas se faire prendre, il effaçait toutes ces photos compromettantes. « Il n'a jamais enregistré, ni rien conservé, a plaidé son avocat, Me Pierre Nédelec, en demandant sa relaxe, étant donné que son client était poursuivi pour détention. « Il a seulement cliqué. C'est une simple consultation de sites. »
En réponse, le procureur adjoint a soutenu qu'il y a bien eu détention durant les moments de consultation. « Mais, de toute façon, toute consultation est désormais punissable. » Et de requérir huit mois de prison avec sursis en s'attardant aussi sur la personnalité du prévenu, décoré de la légion d'honneur : « Une personne pourtant armée psychologiquement, et qui savait ce que les petites victimes enduraient. »
Après avoir requalifié les faits en « consultation d'un site mettant en images des enfants abusés », le tribunal a condamné le militaire à cinq mois de prison avec sursis, avec son inscription au fichier des délinquants sexuels.
Yves LAUNAY.