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Limiter l'étalement urbain pour protéger l'agriculture : c'est l'objectif de la charte « agriculture et urbanisme » signée hier au terme de la session de la chambre d'agriculture, à Angers. : Archives Ouest-France.« On assiste à une progression constante du desserrement des agglomérations vers les communes rurales. Le prix du foncier, un cadre de vie attractif repoussent toujours plus loin les limites de la péri-urbanisation. »
Les 32 créations et extensions de zones d'activités vont consommer 900 hectares, selon Roger Chevalier, du conseil général. Le ruban de bitume des quatre voies sera porté, à terme, à 250 km, avec de larges emprises foncières pour les border de pistes cyclables.
Des fermes fragilisées. Elles subissent une perte sèche de leur support de production. Elles perdent des droits à produire, des surfaces d'épandage, des vignes en appellation.
« L'urbanisation perturbe le fonctionnement économique des espaces agricoles, enclavés, cloisonnés, déstructurés, pris en étau », déclare Jacques Jeaulin, responsable du pôle aménagement du territoire à la chambre d'agriculture.
Une charte signée hier. La profession agricole, l'État, les collectivités ont signé, hier, à Angers, une charte « agriculture et urbanisme ». Objectifs : préserver les zones agricoles viables, maîtriser l'étalement urbain, lutter contre le mitage.
« Les agriculteurs des zones péri-urbaines ont besoin de lisibilité sur le foncier pour investir », poursuit Jacques Jeaulin. Disponible en septembre dans toutes les mairies, la charte se veut un guide pratique accompagnant les plans locaux d'urbanisation (Plu) et les schémas de cohésion territoriale (Scot).
Elle recommande un diagnostic agricole pour identifier les enjeux locaux agricoles, la mise en place d'un espace tampon autour des bâtiments d'élevage et un état des lieux du patrimoine bâti rural désaffecté, pour mieux encadrer sa reconversion en maison d'habitation.
L'exemple d'Angers-Loire métropole. Pionnière de cette démarche de concertation, l'agglo angevine (210 000 habitants, 31 communes, 500 exploitations agricoles) a signé en 2006 une convention avec la chambre d'agriculture. Son Plu interdit le mitage des zones agricoles.
« L'agriculture est l'un des volets de notre économie et de l'identité de notre territoire. Quand on lui prend un m2, c'est irréversible », martèle Jean-Louis Gascoin, vice-président d'Angers-Loire métropole.
L'enjeu est de taille, en ces temps d'insécurité alimentaire mondiale : « Produire plus en respectant l'environnement et avec moins de terres nécessite de ne pas gaspiller le sol et de densifier l'urbanisation sur les espaces laissés vides par les friches industrielles », pense Christiane Lambert, vice-présidente de la chambre d'agriculture.
Xavier BONNARDEL.