Le Tour à Cholet, un spectacle ou une galère ?
Ecologie : les t-shirts se mettent au vert !
En images :
Reportage photos :
Baby-sitting
Le carnaval de jour en images !




Marcel Godineau, 64 ans, a été à l'initiative du projet de théâtre-foirail à Chemillé. Cadre retraité de la chambre d'agriculture, il connaît le monde rural. Soliste du groupe des Gitans de La Tourlandry, il est aussi un homme de spectacle. Cadre à la chambre d'agriculture, adjoint au maire de Chemillé, j'ai pensé fin 1994, début 1995, que le marché de Chemillé allait fermer et qu'il fallait une autre utilisation de ce lieu. La révélation m'est venue en 1995 quand on a visité le Jardin des Agneaux dans le canton de Ménigoute, dans les Deux-Sèvres. En pleine crise du mouton, ils ont imaginé tout un projet avec restaurant, lieu pédagogique et boutique. J'en ai parlé aux autres élus qui m'ont pris au sérieux. Il y a eu une vraie réflexion avec un comité de pilotage communautaire, avec des gens du Pays, du Département, avec Scènes de Pays. Nous sommes également allés visiter à Lanaud près de Limoges, le « temple » de la vache limousine. Dans un amphithéâtre, il y avait une scène où l'on présentait les animaux pour les vendre. C'est là qu'est née l'idée du théâtre-foirail associant élevage et spectacle.
Le théâtre-foirail, c'est donc votre bébé ?
Si je suis à l'initiative du projet et le porteur du projet, ce n'est pas « mon » projet. Il y a plus de 400 personnes qui ont participé à la réflexion. C'est un projet partagé, qui est attendu. Ce n'est pas un projet fait à trois sur le coin d'une table.
Il ne fallait pas avoir peur pour se lancer dans une telle entreprise...
J'ai toujours eu un tempérament de projet, volontariste, enthousiaste. Mon tempérament a été « boosté » à l'âge de quatorze ans. J'ai eu la poliomyélite. Je n'avais plus rien dans les bras, plus rien dans les jambes. Je me suis demandé ce qu'allait devenir ma vie. Je sais ce que c'est que de se battre. Il est rare que je dise : ce n'est pas possible. Il y a sûrement une solution. Il ne faut pas se limiter d'emblée ; il faut voir ce qui est faisable. Quand on a un projet, ne commençons pas par parler finances. Voyons d'abord quel projet on peut faire. Et si c'est un bon projet, on pourra le porter. C'est ce qui s'est passé.
Le coût n'a-t-il pas effrayé quelques élus ?
Est-ce que vous connaissez une commune de 7 000 habitants qui n'a pas sa salle de spectacle ? Chemillé n'en n'avait pas. Chemillé a beaucoup de chance que la Communauté de communes ait réalisé le théâtre-foirail. Si Chemillé devait réaliser un tel projet, elle devrait payer 500 000 € d'annuités par an, pendant 15 ans, plus le fonctionnement. Chemillé verse une subvention de 45 700 € à l'organisme de gestion. En comparaison, la piscine, qui est très utile, coûte 170 000 à 180 000 € par an.
Quel est le montant de l'investissement ?
Le coût de la construction est d'environ 11 millions d'euros avec le mobilier et les équipements. Il est subventionné à 52 % par le Département, la Région, le Fonds national de développement du territoire et le ministère de la Culture. Le théâtre-foirail n'est pas qu'une salle de spectacle. Il y a trois facettes : la pédagogie, la culture et l'événementiel. La culture n'est qu'un élément parmi les autres. Le théâtre-foirail est renforcé par Camifolia le jardin. Donc, il faut relativiser le coût. L'activité engendre l'activité. Le cadre de vie attire de nouvelles populations et de nouvelles entreprises.
De nouvelles entreprises ? Vous avez des exemples ?
La première entreprise qui venue à Chemillé grâce au cadre de vie est Alla-France qui fait des appareils de mesure en verre. La deuxième s'appelle Gambs. Elle fait des fleurs artificielles de très haute gamme. Son marché est à 70 % à l'exportation, notamment de très grands hôtels de renommée internationale. Le théâtre-foirail est un outil d'aménagement du territoire.
Propos recueillis par
Michel CAILLARD.