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Cinquante éleveurs du Sud-Loire ont bloqué, hier matin, les entrées des abattoirs de Charal. : Machines à classer
En cause ? La chute des prix. Elle intervient dans un contexte tendu, marqué par une hausse des charges (produits alimentaires, énergie) et des inquiétudes sanitaires. « Par rapport à 2006, les revenus ont chuté de 23 % en 2007, résume Mickaël Bazantay, représentant de la filière bovine de la FDSEA dans la région. Et on s'interroge pour 2008. »
Hier, le mouvement national visait les abattoirs, et plus particulièrement les adhérents de la Snim, qui pèsent 80 % de l'activité dans la région. Les éleveurs leur reprochent de ne pas appliquer l'accord interprofessionnel signé en avril 2007, et notamment la nouvelle méthode de classement des carcasses. « Il détermine le prix, souligne Mickaël Bazantay. Pour cela, on tient compte du poids, de l'état d'engraissement, de la finalité commerciale et des critères Europa. »
Ce sont ces derniers qui posent aujourd'hui problème. Pour une harmonisation des prix, l'accord stipulait d'utiliser « les machines à classer », un système de caméra couplé à des modèles informatiques. « Moins défaillant que l'oeil humain. » Des machines onéreuses, de 100 000 à 200 000 €, qui ont bénéficié d'un coup de pouce financier de la profession.
« On reviendra »
Seulement, chez Charal, comme dans beaucoup d'autres abattoirs, elle est « restée dans les cartons ». Résultat : une « vraie cacophonie » dans la fixation des prix. « Depuis septembre, on observe certaines dérives. On a le sentiment de revenir en arrière. » Avec des prix qui fluctuent. A la baisse. Selon la FDSEA, les éleveurs perdent jusqu'à 40 € par carcasse. « On se fait spolier, accuse Sylvain Daury de la FDSEA. Une personne doit estimer en 27 secondes ce qu'on met 27 mois à produire. »
De son côté, Charal conteste la vision des éleveurs, rappelant que la « machine peut aussi se tromper ». « Sauf qu'il n'existe plus qu'un seul contrôle, souligne Mickaël Bazantay. Et qu'on constate une dégradation de nos classements alors qu'on présente les mêmes animaux. » L'entretien avec la direction n'a pas permis de réelles avancées, ni d'assurances.
Les éleveurs réclament un respect « rapide » de l'accord. « Sinon, on reviendra, menacent-ils. Et pas seulement pour trois heures de blocus. »
Jean-Marcel BOUDARD.