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Quelques-unes des femmes de Mauges rédactrices du livre. Au premier rang de gauche à droite : Maïthé, Odette, Hugette ; Marie-Hélène. Au deuxième rang : Maguy, Véronique, Marie-Jeanne, animatrice au centre social intercommunal, Bernadette. Et puis l'audace appelant l'audace, leurs histoires, elles se sont mises à les raconter. Sur scène. En public ! Elles ont commencé à l'assemblée générale du centre social à Saint-Macaire-en-Mauges, puis lors d'un apéritif lecture à Saint-Germain-sur-Moine. D'autres rendez-vous ont été pris à Tillières, à Cholet.
Samedi 17 mai, elles récidiveront dans le cadre d'exposition Écritures (extra) ordinaires à Ancenis : à 15 h à la médiathèque et à 18 h 30, salle de la Charbonnière. « Cela nous a changées. Je ne pensais pas qu'à mon âge, je pouvais faire des écrits et parler devant tout le monde », témoigne l'une d'elle.
« Un premier groupe s'est réuni en 2005, se souvient Marie-Jeanne Treillaud, animatrice au centre social intercommunal Sèvre-et-Moine de Saint-Macaire-en-Mauges. Nous avons souvent évoqué le thème du travail ce qui a généré un atelier d'écriture en 2006. Les participantes ont énormément écrit, pas avec les doigts mais avec la tête. Elles étaient très réticentes à rédiger elles-mêmes leurs histoires. » Pour elles l'écriture, cela rappelait la rédaction, l'école, des souvenirs humiliants de l'enfance. C'est Monique Hervouet qui couchait sur papier ce qu'on lui racontait.
Peu à peu, des « mots très enfouis dans le subconscient » ont émergé. Des souvenirs se sont imposés, comme le cri du cochon que le boucher tuait tous les lundis matin quand une des participantes allait à l'école. « On a mélangé nos mots. Quand on ne trouvait pas le terme exact, une autre nous le soufflait. » Sont également revenus les souvenirs d'usine, un travail dur, bruyant, qu'on ne choisissait pas vraiment à quatorze ans. « Quand j'ai été licenciée, cela a été le plus beau jour de ma vie ! »
Mais perdre un emploi, aussi dur soit-il, c'est perdre toute la vie sociale qu'il y a autour. C'est perdre confiance en soi, se retrouver seule. Marie-Hélène qui a été coiffeuse à domicile a connu cela quand elle a dû s'arrêter pour maladie. « Je n'avais plus le goût d'aller de l'avant. » Ce travail collectif d'écriture, encouragé dans la bonne humeur de Marie-Jeanne l'animatrice, a libéré les peurs, levé les blocages, parfois dans la douleur : « Il y a des moments où ce n'était pas top ! » En lisant leur histoire, les femmes des Mauges découvrent que leurs souvenirs « parlent » aux autres, qu'ils les émeuvent. Belle récompense !
Paroles de femmes des Mauges, prix : 5 €. À commander au centre social de Saint-Macaire-en-Mauges (02 41 49 06 49) ou à la Maison de la Paix à Montfaucon-Montigné, le mardi de 10 h à midi, de 14 h à 17 h ou le jeudi de 14 h à 17.
Michel CAILLARD.