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Le Layon contient trop de pesticides, à en croire des experts. Qu'en pensent les pêcheurs ? se demande notre dessinateur Philippe Menvielle. On retrouve des traces de « désherbant total » dans les eaux du Layon. À Martigné-Briand, on constate par exemple que la teneur en glyphosate (molécule du « round up ») peut atteindre deux cents fois la norme européenne. Idem pour l'amba, le produit issu de la dégradation du glyphosate, dont le taux relevé représente 300 fois la norme. Encore pire pour le diuron, un désherbant fréquemment utilisé en viticulture : « Les relevés montrent que la présence de ce produit est 600 fois plus élevé que la norme... », constate Gilles Ferjoux.
L'eau du robinet non polluée
Quelle conséquence sur l'environnement ? La loi donne des recommandations quant aux doses et au stockage de ces produits phytosanitaires. Mais elle ne condamne pas l'utilisation des pesticides. Un arrêté préfectoral existe en Anjou depuis 2006 : il interdit l'utilisation des pesticides à moins de dix mètres des cours d'eau. « Mais si on veut reconquérir la qualité des cours d'eau, il faut passer par l'arrêt des épandages », affirme Gilles Ferjoux.
Et sur la santé humaine ? Plus difficile à mesurer. « Sur les paquets de « round up », on vous dit qu'il faut se laver les mains, mettre un masque, ce n'est pas par hasard ! Et puis on sait que certains produits sont potentiellement cancérigènes, qu'ils peuvent jouer sur les hormones... »
Trop de pesticides dans les eaux du département ? De son côté, la préfecture affirme ne pas avoir eu connaissance d'une aggravation récente de ce phénomène. Une pollution qui, de toute façon, n'entraîne « aucune conséquence sur l'eau du robinet traitée en station d'épuration », affirment les représentants de l'État. Aucune conséquence, si ce n'est le prix de l'eau, estime Gilles Ferjoux, « car il faut mettre en face les technologies adéquates, pour éliminer ces molécules ». Un traitement qui a un coût. Au 1er janvier 2007, l'agence de l'eau Loire-Bretagne avait décidé d'augmenter de 40,4 % la redevance pollution.
Arnaud WAJDZIK.