Un missionnaire originaire du Maine-et-Loire, assassiné en Guinée
Le frère Joseph Douet était originaire de l'Anjou. Il a été assassiné, mardi, en Guinée. : DR
Le frère Joseph Douet était originaire du Maine-et-Loire. En Anjou, on se souvient d'un homme « simple et exigeant ».
ANGERS. - « Un acte barbare », relève un site africain d'information. Un missionnaire français de 62 ans a été assassiné, mardi, à Kataco, en Guinée. Il était en train de prier quand des inconnus ont fait irruption à l'intérieur de l'internat qu'il avait fondé en 2000. Ils étaient, semble-t-il, à la recherche d'argent. Selon certains témoignages, il aurait été ligoté avant d'être tué.
Le frère Joseph Douet, de l'Institut missionnaire des frères de Saint-Gabriel, travaillait au service des populations et de l'Église guinéenne. Il était originaire de la commune du Pin en Mauges (Maine-et-Loire). Département dans lequel il était revenu provisoirement, il y a peu de temps, afin de s'y faire soigner aux yeux.
Première mission en 1995
À la communauté Saint-Gabriel d'Angers, le frère Jean Friant se souvient de lui. « Il vivait d'une façon austère, très simple. Tout jeune, il avait réussi à combattre un cancer et s'en était remis. Il était toujours prêt à aller dans les contrées les plus difficiles. C'était un missionnaire presque à l'ancienne, très exigeant pour lui. L'éducation, au sens large, était primordiale à ses yeux. »
Un homme d'engagement. En 1995, Joseph Douet avait fondé sa première mission à Ourous, dans le même pays. Il y avait ouvert un centre de développement agricole et une trentaine « d'écoles de brousse » autour de ce centre. En 2000, il avait rejoint Kataco pour y créer une école primaire, un internat, et un collège qui allait ouvrir ses portes d'ici quelques jours. « Pour inaugurer ce collège, trois responsables de la communauté, un frère Indien et deux Sénagalais, étaient en route pour Kataco, au moment où le frère Joseph a été assassiné. »
Quand le drame est survenu, le frère Douet se trouvait probablement seul, à l'intérieur de l'internat. « En effet, trois des cinq frères sénagalais qui travaillaient à ses côtés s'étaient rendus à Conakry pour faire des achats », précise le frère Jean Friant.
Hier, les frères de Saint-Gabriel, qui oeuvrent en priorité auprès de la jeunesse des milieux scolaires, pleuraient leur missionnaire. « C'est un événement sans précédent pour nous : jamais un de nos frères n'avait été assassiné », témoignait-on, hier, auprès de la communauté, qui compte 1 200 frères et une cinquantaine de missionnaires à travers le monde.
Arnaud WAJDZIK.
Ouest-France