Football : Le « rookie » Ecuele Manga en impose
Si le Sco fréquente le podium, il le doit en partie à son défenseur gabonais Bruno Ecuele Manga, rarement pris en défaut. Photo : Philippe Renault
Le défenseur gabonais d'Angers Sco a profité de la blessure de Blaise Kouassi pour s'imposer comme un titulaire à part entière. A 20 ans seulement.
Et dire qu'à l'aube de la saison, il ne devait être que remplaçant... Prêté la saison dernière par les Girondins de Bordeaux à Rodez, le garçon n'avait que 15 rencontres de National à présenter sur son CV. Pas très ronflant. Sauf pour Jean-Louis Garcia. « C'est un joueur que je suivais depuis longtemps, sur lequel je fondais beaucoup d'espoirs, se souvient l'entraîneur du Sco. Quand il a été prêté à Rodez, j'ai dit à Olivier Pickeu qu'il fallait qu'on se mette sur ce joueur. » Bien lui en a pris.
La blessure de Blaise Kouassi, contractée dès la 2e journée à Bastia l'a rapidement placé sur le devant de la scène. Pas simple à gérer pour un jeune joueur. Mais le garçon n'a pas tardé à s'imposer au sein de la charnière centrale. Sur les 19 dernières rencontres du Sco en championnat, le Gabonais a joué l'intégralité de 18 d'entre elles. Preuve de la confiance que lui accorde son coach, preuve aussi du tempérament et du talent du jeune homme. « Bruno a un énorme potentiel, il est très costaud dans les duels, indique Garcia. Il doit juste affirmer sa personnalité, davantage être un leader. Mais il n'a que 22 ans... » Sans doute bluffé par la réussite actuelle de son joueur, le tacticien scoïste rajoute même deux printemps à un homme qui n'a en réalité que 20 ans.
Padovani : « Il est devenu indiscutable »
« Je ne m'attendais pas à jouer aussi vite, avoue Bruno Ecuele Manga. En débarquant à Angers, je voulais juste progresser. Après la blessure de Blaise, j'ai simplement saisi ma chance. » Le roc gabonais garde la tête sur les épaules, est conscient de ses qualités et de ses défauts. « Je suis fort dans les duels, notamment aériens. Vu mon âge, je dois encore progresser dans tous les domaines. Même mes points forts sont à perfectionner. » Timide, le défenseur sait surtout qu'entraîneur et coéquipiers attendent encore plus de lui au niveau de la communication. « Les premières semaines, tout le monde me reprochait de ne pas parler. Depuis, ça va mieux mais je sais que je peux faire encore plus. »
Depuis six mois, le garçon enchaîne les prestations de haut niveau aussi bien en club qu'en sélection.
Le rookie, formé à Bordeaux a grandi, a fait son nid. Et désormais, ce ne sera pas simple de venir le déloger. Pour Jean-Daniel Padovani, c'est même « devenu un titulaire indiscutable... »
Clément HEBERT.
Ouest-France
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