Football : Serges Deblé, le petit feu follet d'Angers
Titulaire pour la première fois cette saison à Vannes, Serges Deblé espère bien l'être à nouveau, après un exercice plus obscur l'an passé. Photo : Georges Mesnager
L'international espoir ivoirien a connu, vendredi à Vannes, sa deuxième titularisation avec le Sco. Après une saison gâchée par une blessure, cet attaquant vif et percutant espère faire son trou.
C'était l'année dernière. Serges Deblé sortait d'une blessure à répétition, fracture du cinquième métatarse d'un pied. Avec double plâtrage. Cinq mois d'absence. Autant dire un exercice tronqué. « J'espère être un joker maintenant », disait-il avec sa bouille à peine sortie de l'enfance. Il avait donc très peu joué. Avec une seule titularisation, contre Clermont-Ferrand. Avec un seul but à la clé.
Cette saison, le petit feu follet est toujours à Angers. Pas si évident puisqu'il était prêté par Charlton (D2 Anglaise) où il a un contrat jusqu'en 2012. Comment un jeune Ivoirien formé à l'ASEC Abidjan, le plus grand club du pays, se retrouve-t-il si jeune en Angleterre ? Et bien simplement parce que les deux clubs ont un contrat de partenariat. Comment un jeune Ivoirien se retrouve-t-il prêté à un club de Ligue 2 ? Il y a deux raisons. La première est qu'il ne pouvait évoluer en Grande-Bretagne pour des problèmes administratifs. La seconde est qu'il fut remarqué par le nez creux d'Olivier Pickeu au tournoi international espoirs de Toulon en 2008. Les deux conjugués et Serges Deblé débarqua donc en Anjou.
Il repart donc, cette saison, sur des bases nouvelles et plus saines. Sans avoir trop perdu de temps, lui qui n'a que 20 ans. « Mon objectif premier était déjà de jouer en Europe. Maintenant, il me faut progresser. Bien bosser pour que le coach me fasse confiance. » Vendredi à Vannes, il fut donc titulaire pour la seconde fois au Sco (173 minutes de jeu depuis août). Dans son style vif et percutant, allant souvent de l'avant, n'évitant pas les duels, il apporta son écot avec spontanéité. S'ouvrant même avant la pause, le chemin du but. Mais sans accrocher le cadre. « J'ai essayé de tout donner. »
Dans la bouche de ce petit gabarit (1m71, 62 kg), très réservé, les mots bosser, travailler reviendront en refrain dans un discours prudent. Il a pour objectif, bien sûr, de s'installer durablement dans le groupe, voire dans l'équipe. « Je ne pose pas trop de questions. Je bosse dur pour réussir. Je sais que j'ai des progrès à faire, dans le jeu aérien, dans la lucidité aussi de mes actions... » L'actuelle mauvaise passe de son club ne l'inquiète pas plus que cela. « Actuellement, nous n'avons vraiment pas la chance avec nous. Mais avec cette attitude, le comportement que nous avons eu à Vannes, cela doit aller mieux bientôt. »
Il l'espère, lui qui gamin grillait facilement l'école pour tâter du ballon. Il en sourit maintenant. Et au fait, pourquoi Serges avec un S. « Je ne sais vraiment pas d'où cela vient. » Un S venu d'ailleurs. Un S, peut-être, comme slalom, une des bases de son jeu. Car Serges Deblé présente, cette saison, un profil différent de ceux des autres éléments offensifs du Sco. Genre plutôt dragster que diesel. Et il lui reste maintenant à faire épanouir ses qualités.
Jean-François CHARRIER.
Ouest-France
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