L'étonnant départ du préfet Marc Cabane
L'annonce du départ du préfet Marc Cabane (à gauche) a surpris tout le monde. Un signe politique au coeur de la gestion du dossier des sans-papiers ou la volonté de réduire le temps de fonction des préfets ? « J'ai la faiblesse de croire que ma période angevine s'est bien passée. Il fallait une place pour quelqu'un, c'est tout », commente le préfet. Il est remplacé par Richard Samuel (à droite).
A peine un peu plus d'an après son arrivée, le préfet Marc Cabane a appris hier matin qu'il était remplacé. En pleine gestion de la question des demandeurs d'asile, la décision ministérielle interroge.
Marc Cabane, vous êtes arrivés dans le Maine-et-Loire en août 2008. Et voilà qu'est annoncé ce mercredi votre remplacement par l'actuel délégué général à l'outre-mer Richard Samuel. Vous vous y attendiez ?
Non. Un préfet sait qu'à tout moment, il peut partir. Notre fonction n'est pas contractuelle. Cela reste une surprise, je n'étais pas demandeur. Je serais volontiers resté en Anjou.
Quand je suis parti de Pau pour venir ici, à Angers, la ministre Mme Alliot-Marie m'avait appelé pour me prévenir. Là, cela n'a pas été le cas.
Vous êtes nommé préfet hors-cadre en pleine gestion de l'épineux dossier de l'afflux des demandeurs d'asile à Angers. Doit-on y voir un lien, voire une volonté de réorientation de votre approche appréciée, car jugée très humaine ?
Les demandeurs d'asile ? Certes, on a une situation un peu particulière ici. Mais il y a des départements où les enjeux de l'État sont plus importants. Il ne faut pas faire preuve de tropisme trop local. Le fait est qu'on ne sait pas bien pourquoi ce phénomène se pratique.
Le Maine-et-Loire reste un département plus serein et paisible que d'autres. Avec des enjeux qui vont plus à long terme autour de l'emploi, de l'université... J'ai la faiblesse de croire que ma période angevine s'est bien passée. Même si l'on est victime de son propre miroir, je pense avoir fait mon métier. Il fallait une place pour quelqu'un, c'est tout.
Il vous reste deux années de fonction, vous regagnez Paris. Quelle sera votre mission ?
J'attends de voir ce qu'elle sera. J'aurai à faire le lien entre le ministère de l'Immigration et le ministère de l'Intérieur. Je reste ici jusqu'à l'arrivée de Richard Samuel, à la mi-décembre.
S'il fallait retenir un souvenir de votre passage dans ce département ?
Je dirais l'incendie du château d'Angers. Il a été un moment de prise de conscience de la fragilité du patrimoine de l'État. Tout le monde s'est serré les coudes. Je quitte une terre riche, intéressante et accueillante.
Recueilli par Sébastien GROSMAITRE.
Le nouveau préfet, un Guadeloupéen de 57 ans
Né en Guadeloupe, à Pointe-à-Pitre, le 20 janvier 1952, Richard Samuel a exercé de nombreuses missions et postes dans la fonction publique et les cabinets ministériels.
De 2007 à 2009, il fut préfet de l'Eure. En mars 2009, il est nommé, en conseil des ministres, préfet hors cadre pour exercer les fonctions de coordonnateur national des États généraux de l'outre-mer. Il devient désormais préfet du Maine-et-Loire.
Ouest-France
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