Réduire les pesticides : Cholet s'y est mis
Depuis deux ans, à Cholet, une partie du traitement est effectuée avec une machine thermique, acquise (avec participation de la Région) via l'institution interdépartementale du bassin de la Sèvre nantaise. Cette dernière réunissait élus et techniciens, hier, au Puy-Saint-Bonnet.
Limiter le désherbage dans les espaces communaux pour améliorer la qualité de l'eau, une démarche engagée depuis 10 ans à Cholet.
Élus et techniciens des communes du bassin de la Sèvre nantaise étaient invités, hier, à une journée d'information et de sensibilisation pour réduire les applications de pesticides dans les espaces communaux. Une démarche dans laquelle Cholet s'est engagée depuis 10 ans. Avec quels objectifs, quels moyens ? Les précisions de Roselyne Durand, adjointe à l'aménagement du territoire, et Dominique Ronceray, directeur du service des espaces verts
Objectif zéro produits chimiques ? « Ce n'est peut-être pas possible. Et peut-être pas souhaitable. Une politique de développement durable doit prendre en compte à la fois l'environnement, l'économique et le social. Traiter un sol avec une machine à vapeur, cela prend deux fois plus de temps qu'une application chimique et il faut beaucoup d'énergie pour chauffer l'eau. Et répandre de l'eau chaude, ça peut aussi contribuer à faire pousser d'autres végétaux. Autre exemple : les terrains de sports en matière synthétique. On n'a plus à désherber et les sols sont fabriqués à partir de pneus recyclés : le bilan écologique semble intéressant, mais dans 15 ans, comment la matière synthétique sera-t-elle recyclée ? Au bout du compte, le bilan global n'est pas évident à établir. »
Des solutions techniques. « Depuis deux ans, on a donc une machine à traitement thermique. On a aussi un appareil qui optimise l'utilisation du désherbant chimique, avec une cellule qui détecte la présence d'herbe et ne diffuse le produit que là où il faut. Résultat : 50 % de produit en moins. On a aussi cherché à limiter au maximum les rejets de produits non utilisés : les « bouillies » de traitement ne sont plus préparées à l'avance, mais le mélange se fait au moment de la diffusion, ainsi, on limite les fonds de cuve dont il faut se débarrasser. Pour ces fonds de cuve, la ville a aussi acheté un décanteur qui utilise des bactéries pour dégrader les restes de produits de traitement. Peut-être faudrait-il des équipements de ce type pour les particuliers : combien de jardiniers vident le fond de leur pulvérisateur dans un coin de leur terrain ?... »
L'herbe, ça n'est pas sale. « La question à se poser est s'il faut vraiment désherber partout. Dans les Mauges, l'idée est que l'herbe, c'est sale. Il faut expliquer les choses et avancer en douceur. Parce qu'un peu de verdure n'est pas vraiment gênante, il y a des endroits où l'on ne traite que si les habitants viennent se plaindre. Et le personnel municipal a été formé pour expliquer au public les choix qui sont faits. Nous avons mis en place une gestion différenciée des espaces, en tenant compte de l'usage, de la nature des sols, de la situation géographique : l'exigence n'est pas la même en plein centre-ville et dans les secteurs péri-urbains. Au Plessis, il y a dix ans, c'était tondu comme un jardin public. Aujourd'hui, on tond uniquement les accès et les espaces de jeux ou de pique-nique et on laisse les herbes hautes. »
Retour à la nature. « Avec le temps, on devrait avoir de moins en moins besoin de traiter. Parce que l'évolution c'est de revenir de plus en plus à des plantes adaptées aux sols et au climat, à ce qui poussait tout seul avant, dans les Mauges. Choux, mauve, artichaut, fleur d'endive : on a commencé à s'y mettre dans les parterres. On réadapte aussi la vieille technique de paillage avec des copeaux de bois. Parfois, on reprend aussi des techniques anciennes, à base de vinaigre. Dans les serres on utilise les insectes qui détruisent les parasites. En fait, pour ces questions, il faut à la fois des compétences et du bon sens. »
T. M.
Ouest-France