Les acteurs Thomas Jouannet et Frédéric Van Den Driessche, entre deux plans, sur les marches du château de Brissac. Le combat est rude sur les marches du château de Brissac. Un corps à corps entre Bussy d'Amboise et le comte de Monsoreau. Des râles s'échappent des poitrines des comédiens. Ils s'effondrent. « Coupez ! C'est très, très, très bien ! » lance Michel Hassan, le réalisateur de La dame de Monsoreau. Pendant que les caméras se préparent pour le plan suivant, une couverture est apportée à l'un des comédiens. Armée d'un brumisateur, une maquilleuse simule des gouttes de sueur sur un visage, tandis qu'une autre accentue le sang des blessures. « Moteur demandé ! » Et c'est reparti.
« Les pierres vivent »
Le tournage de cette libre adaptation du roman d'Alexandre Dumas pour France 2 a débuté le 23 octobre et se terminera le 14 décembre. L'équipe du film a choisi une grande partie des décors parmi les vieilles pierres de l'Anjou : Brissac, Plessis-Macé, Plessis-Bourré, Brézé, Fontevraud, Montreuil-Bellay... Et finira, excusez du peu, à Chambord. Que des décors naturels.
Mais pas à Montsoreau même : « Nous y sommes allés en repérage plusieurs fois. Mais le château est entièrement aménagé pour les visites, il y aurait eu trop de travail après coup pour effacer des éléments à la palette graphique », explique Delphine Claudel, productrice pour Telfrance, la société déjà à l'origine de Lagardère en 2004.
A Brissac, pas de problèmes. « On a beaucoup d'amplitude. Il n'y a pas de poteaux électriques. La façade est toujours dans son jus », apprécie Michel Hassan, le réalisateur de ces deux épisodes de 90 minutes. Et l'hôte des lieux, qui loue son « décor » 3 000 € par jour, est ravi : « C'est grisant et fabuleux que le château participe à un grand film. C'est la vocation de ces lieux, il faut que les pierres vivent », estime Charles-André de Brissac, sorti observer le tournage. En 1966, le château avait déjà été utilisé par... Roberto Rossellini. Il tournait La prise du pouvoir par Louis XIV.
Comme cette mini-série est tournée dans le coin, les régions Centre et Pays de la Loire la subventionnent. À hauteur de 70 000 € pour cette dernière. Le château du Plessis-Macé est également mis à disposition par le conseil général de Maine-et-Loire pour devenir la maison du baron de Méridor, joué par Pierre Mondy. En échange, les collectivités apparaissent au générique. « Sans elles, on aurait été obligé de tourner hors de France. » En Europe de l'Est, par exemple. « Pour l'identité culturelle du projet, c'est mieux de faire ce film de cape et d'épée ici. » Le réalisateur enfonce le clou : « C'est exceptionnel : j'ai beaucoup de chance de tourner dans ces décors naturels, plutôt qu'en studio. »
Après Jean-Pierre Mocky, qui vient de tourner ici sa série inspirée d'Alfred Hitchcock, l'Anjou deviendrait-il le plus beau des décors de télévision ?
Marie TOUMIT.
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