Villedieu-la-Blouère « n'oublie pas »
Le procès du couple de Villedieu-la-Blouère va replonger, lundi, le palais de justice d'Angers sous les projecteurs.
Sous un ciel gris et bas qui, en ce mercredi, pèse au-dessus du Choletais, le bourg de Villedieu-la-Blouère semble déserté. Des bourrasques de vent balaient les rues.
Quatre ans après le kidnapping de la petite Aurélia par un couple de la commune, le traumatisme vécu par les habitants reste bien vif. À l'époque, l'annonce de l'arrestation de Dominique Guillouche, 40 ans, et Alfréda Deneux, 34 ans, avait provoqué l'incrédulité. Nul n'aurait pu imaginer un tel dénouement.
Aujourd'hui encore, rares sont les personnes qui acceptent d'en parler. Une passante, habillée tout en noir, ne prend pas la peine de s'arrêter : « Ça ne m'intéresse pas », lâche-t-elle, la mine sombre. À la boulangerie de la rue du Commerce, on ne fera également aucun commentaire. Même le maire se retranche derrière le silence : « On a déjà donné en 2005. La justice suit son cours, il n'y a rien d'autre à dire. »
Le couple Guillouche-Deneux habitait une maisonnette blanche, dans une impasse près du stade de foot. Là encore, et malgré quelques sourires obligés, les portes se referment à l'évocation de l'affaire.
« Des gens très discrets »
Devant l'entrée du cercle de jeux Fraternité, face à l'église, Robert grille une cigarette. D'abord méfiant, il finit par confier : Dominique Guillouche « avait un comportement bizarre. Je le croisais chez le marchand de tabac. Il ne m'inspirait pas. »
Rejoint par deux camarades, Eugène et Yannick, la conversation continue autour du procès à venir (lire ci-contre). Yannick habitait à 200 mètres du couple Guillouche-Deneux : « Bien sûr que je les avais déjà vus. Mais on n'a jamais fait connaissance. C'était des gens très discrets, qui ne sortaient pas. » Tous trois espèrent une lourde condamnation. « C'est ce qu'ils méritent. »
Le ton est identique chez ce jeune couple, parents d'une petite fille âgée de 14 mois. « À l'époque, on n'avait pas d'enfant. C'était difficile de se mettre à la place des parents d'Aurélia. Maintenant, on comprend mieux ce qu'ils ont dû traverser. »
Comme beaucoup d'autres, ils peinent à réaliser qu'ils vivaient non loin de ce couple soupçonné de viols en série. « On croit toujours que ça se passe ailleurs. Alors que c'était à côté. On n'est pas parano, mais on n'oublie pas. »
Christian MEAS.
Ouest-France
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